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Relations France / Roumanie
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Les relations culturelles entre la Roumanie et la France sont intenses. La
Roumanie est le premier pays francophone dans lequel le français n’est ni la
langue maternelle ni la langue officielle. Le français est étudié par plus de
la moitié des élèves et parlé par un Roumain sur cinq. La Roumanie est
d’ailleurs membre à part entière de la francophonie depuis 1993. Elle a
accueilli le XIe Sommet de la francophonie en septembre (2006). Plus de 130
villes françaises sont jumelées avec des communes roumaines. De nombreux
artistes roumains se sont établis en France: les philosophes Emil Cioran et
Mircéa Eliade, le dramaturge Eugène Ionesco, le poète Tristan Tzara, le
sculpteur Constantin Brancusi, le compositeur et violoniste George
Enescu sans oublier la poétesse Anna de Noailles, née princesse
Anna-Elisabeth Bassaraba de Brancovan et issue d’une grande famille roumaine.
Plus récemment , le compositeur de musique de films Vladimir Cosma, ou encore
le jeune cinéaste Radu Mihaieleanu, installé en France et récompensé en 2005 à
Berlin pour son film Va , vis et Deviens, témoignent encore des liens
privilégiés qui unissent la Roumanie et la France.

Il y a plus d’un siècle, Bucarest était surnommé « le petit Paris des Balkans ».
L’administration, la législation urbaine et l’enseignement s’inspiraient du
modèle français. La plupart des architectes roumains firent leurs études à
Paris et un nombre important de bâtiments furent construits par des architectes
français.
L’Entre-deux-guerres représente pour la Roumanie une période de floraison
exceptionnelle, quand la capitale du pays se lance dans une campagne de
construction sans précédent. Pendant cette période, l’architecte le plus
représentatif de « l’architecture d’Etat » roumaine est Duiliu Marcu
(1885-1966). Après des études à l’École des beaux-arts de Paris, il est diplômé
par le Gouvernement français en 1913. À la fois architecte, urbaniste et
professeur, il est officier de la Légion d’honneur et membre de l’Académie
roumaine. Il est l’architecte qui construit, entre 1936 et 1941, le plus grand
nombre de bâtiments administratifs à Bucarest : le palais du ministère des
affaires étrangères, le palais de la direction générale autonome des chemins de
fer et les bureaux de l’administration des monopoles d’État.
Les ministères construits par Duiliu Marcu témoignent d’une approche globale
architecturale et urbaine, d’une recherche des solutions techniques les plus
avancées et d’un vocabulaire architectural moderne. Son modernisme est
cependant tempéré par une préférence pour l’élégance face aux expérimentations
esthétiques. Il aspirait à une vocation internationale, destinée à l’espace
dont il rêvait, une Europe sans frontières.
Quels sont les liens entre la Roumanie et la France ?
La langue, tout d’abord. Îlot latin dans un océan slave, disait l’historien
Neagul Djuvara dans Le Pays roumain entre Orient et Occident. Le roumain est,
avec le portugais, une des langues latines ayant conservé le plus de points
communs avec la langue des romains. Les linguistes expliquent cette
préservation par l’isolement des régions périphériques. Le roumain est proche,
dans sa prononciation, de l’espagnol ou de l’italien. Cependant, le français
est la principale source de mots roumains non directement issus du latin, donc
les plus récents : près de 22% des mots roumains viennent du français. En plus
de ces mots communs s’ajoutent des expressions populaires communes aux deux
langues, dont on déduit qu’elles viennent du latin !
Continuons dans les liens franco-roumains, en remontant l’histoire. Durant la
période communiste, il était bien entendu assez mal vu d’apprendre l’anglais.
L’allemand n’avait pas non plus bonne presse, quant au russe, s’il était
obligatoire ou fortement conseillé, c’était toujours à contrecœur. Restait le
français : les circonstances historiques font donc que bon nombre de Roumains
parlent un peu de français. Les grandes multinationales, et les PME allemandes,
françaises, américaines, italiennes... s’implantent massivement dans les pays de l’Est. L’Institut Français de
Bucarest est assez actif, mais il n’y en a jamais trop en la matière.
La Roumanie en tant que telle est un pays jeune, né en 1877, prenant sa forme
actuelle en 1918. Ayant toujours dû résister aux Empires Ottoman (dès le
Moyen-Age, en fait), Autrichien et Russe, la Roumanie a cherché des alliances
avec d’autres grandes puissances, parmi lesquelles se trouvait la France.
Toujours est-il qu’entre les deux guerres, la Roumanie connaît un développement
économique, mais aussi culturel, de grande envergure, très influencé par la
France. C'est à cette époque que Bucarest est appelé « le Petit Paris des
Balkans ».
Après l’arrivée des communistes au pouvoir, les relations entre la Roumanie et
l’Ouest se sont quelque peu dégradée. Ce pays conserva toutefois une certaine
forme d’indépendance vis-à-vis de Moscou, en matière de politique extérieure,
compensée par une extrême orthodoxie sur le plan intérieur. Quel pays du bloc
de l’Ouest avait lui aussi cultivé une certaine indépendance en matière de
relations internationales ? La France ! D’où la visite du Général de Gaulle à
Bucarest, en 1968, ou les différents voyages de Nicolae Ceaucescu à Paris. Je
vous engage fortement à écouter le discours de De Gaulle. Il est très
instructif sur les raisons de cette proximité diplomatique, échapper à la
logique des blocs, alors même que ces entretiens internationaux servaient à
légitimer, en Roumanie, la terrifiante politique de Ceausescu.
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